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« La beauté sauvera le monde »

Etre pianiste et compositeur aujourd’hui, pourquoi et comment ?

Olivier Lattion

Olivier Lattion en concert.

Un élément de réponse se cache peut-être dans cette fameuse phrase de Dostoïevsky, « La beauté sauvera le monde ». Oui,  mais quelle beauté ? Et comment pourrait-elle sauver un monde qui semble plutôt se tourner vers la laideur ?

 

Pourtant la beauté est tout autour de nous : celle du silence ou de la musique,

      Prélude de César Franck - Olivier Lattion (piano)

de la nature ou d’un tableau de maître ; celle d’un grand amour ou d’un grand roman, d’un beau visage ou de sculptures magnifiquement proportionnées…

Et le jour où la beauté aura disparu du monde, c’est probablement que le monde lui-même ne sera plus là pour l’accueillir, ni nous pour la contempler !

Mais justement, pour qu’elle agisse sur le monde, est-ce suffisant de la contempler ? La question « quelle beauté ? » n’est peut-être pas aussi importante qu’il n’y paraît ; car d’où qu’elle provienne, l’essentiel ne serait-t’il pas de nous l’approprier et de nous en nourrir, de la transplanter dans nos coeurs, de la digérer,  afin de la faire à notre tour rejaillir autour de nous » ?

 Méditer sur cette fameuse phrase, qui m’a toujours interpellé, m’aide à donner une âme et une raison d’être à mon activité de musicien, que ce soit dans la composition ou l’interprétation.  Comme je l’écris à la fin de mon  « parcours de vie » :

Si j’ai reçu un don, c’est, je pense, celui d’être capable d’émouvoir et de laisser dans le coeur et l’âme de l’auditeur une petite trace de beauté et de poésie, aussi simplement que peut le faire le sourire d’un enfant.  Je n’ai pas d’autre ambition et n’en retire aucun orgueil, car comme le dit si magnifiquement Saint Paul , « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? »